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Psaume 127 Des Degrés
"Si l’Éternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain. Si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. C’est en vain, vous aussi, que vous vous levez tôt, que vous vous couchez tard, et que vous peinez à gagner votre pain. Le Seigneur en donne autant à ses bien–aimés pendant qu’ils dorment. Voici que des fils sont un héritage de l’Éternel, le fruit des entrailles est une récompense. Comme les flèches dans la main d’un héros, ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois! Ils n’auront pas honte, quand ils parleront avec des ennemis à la porte. Psaumes 127 / 1-5"
Le Prophète exhorte les juifs, qui avaient entrepris de rebâtir la ville de Jérusalem et le temple du Seigneur, à n’attendre de lui que le succès pour cette entreprise. C’est un travail humain, mais surtout une bénédiction divine.
"Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain. Si l’Eternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. Psaumes 127 / 1"
L'expression : « bâtir une maison » est prise sans doute ici au sens propre. Ce verset
introduit le reste du psaume. Il signifie faire prospérer la maison et même : fonder une famille.
"C’est en vain, vous aussi, que vous vous levez tôt, que vous vous couchez tard, et que vous peinez à gagner votre pain. Le Seigneur en donne autant à ses bien–aimés pendant qu’ils dorment. Il en donne autant à son bien-aimé pendant qu’il dort. Psaumes 127 / 2"
« Vous vous couchez » :. Le mot hébreu signifie s'asseoir, mais s'asseoir pour se reposer, de même que le terme se lever signifie : se lever pour le travail.
Son bien-aimé, ou « son favori », en hébreu : jadid. Ce nom a servi à former le nom de Jedidja. "Et on lui donna le nom de Yedidya, à cause de l’Éternel. 2 Samuel 12 / 25" Comme il est peu employé, il est bien probable qu'il y ait ici allusion au roi Salomon et au songe dans lequel l'Eternel lui promit les richesses et la gloire qu'il n'avait pas demandées : "Je te donnerai, en outre, ce que tu n’as pas demandé, aussi bien la richesse que la gloire, de telle sorte qu’il n’y aura pendant toute ta vie aucun homme parmi les rois qui soit semblable à toi. 1 Rois 3 / 13"
Dans ce verset 2, il est dit que le travail est inutile si l'Eternel n'y joint sa bénédiction. Le psalmiste affirme ici que cette bénédiction peut même se passer, éventuellement, du travail humain. "C’est à l’Eternel qu’il te faut remettre tout ton avenir. Aie confiance en lui et il agira. Psaumes 37 / 5"
Dans le même ordre de pensées, le Seigneur interdit aux siens l'agitation et l'inquiétude. "C’est pourquoi je vous dis: ne vous inquiétez pas en vous demandant: "Qu’allons-nous manger ou boire? Avec quoi allons-nous nous habiller ?" La vie ne vaut-elle pas bien plus que la nourriture? Et le corps ne vaut-il pas bien plus que les habits ? Matthieu 6 / 25"
Dieu pourvoit aux besoins des siens par le travail même qu'il leur impose ; mais il peut, s'il le juge bon, les bénir indépendamment de ce travail.
« Des fils » : Pour le peuple d'Israël, c’est un héritage, un bien que l'homme n’acquiert pas par son travail. L'Eternel l'accorde ou le refuse comme il lui plaît. C'est une récompense, non point un salaire dû, mais un signe de bienveillance et de bénédiction.
"Comme les flèches dans la main d’un héros, ainsi sont les fils de la jeunesse. Psaumes 127 / 4"
« Des flèches » : Cette image guerrière correspond bien aux préoccupations d'une époque où Israël avait à renaître. Ce devait être un peuple capable de reconquérir son indépendance. « Les fils de la jeunesse » : nés dans la jeunesse de leur père. Quand ils seront en âge de porter les armes, le père lui-même sera encore un homme fort.
"Heureux l’homme qui en a rempli son carquois! Ils n’auront pas honte, Quand ils parleront avec des ennemis à la porte. Psaumes 127 / 5"
On redoute d'attaquer un guerrier bien armé. Ainsi les gens mal intentionnés y regardent à deux fois, avant de s'attaquer à un homme accompagné de nombreux fils. « A la porte », là où se traitent (en Orient) les affaires, où s'administre la justice et où toute la vie sociale a son siège.
Les Psaumes 127 et 128, ce sont des chants de famille et de vie domestique, intercalés, comme une parenthèse, au milieu de cantiques destinés au culte.
Cette parenthèse, ouverte à dessein au centre du groupe, correspond aux interruptions qu'apportaient de petites fêtes familières à la célébration des cultes auxquels prenaient part les pèlerins. Nous pouvons, à la lecture de ces deux petits poèmes, nous représenter l'accueil que recevaient chez les habitants de la capitale les fidèles venus du dehors. La famille est réunie pour un repas avec ses invités. Cette hospitalité ne pourrait s'exercer, si Dieu n'avait pas béni la maison qui l'offre si généreusement. C'est de ces bénédictions domestiques que traitent nos deux cantiques, et ils le font en présentant les deux aspects d'une même vérité.
Le premier relève exclusivement, dans le bonheur de la maison, la part de la grâce divine, il a tout naturellement sa place dans la bouche du père de famille ; le second, qui rappelle que Dieu ne bénit pas indifféremment chacun, mais qu'il aime ceux qui le craignent, semble être la réponse des pèlerins aux paroles de leur hôte.
Le Psaume 127 est attribué à Salomon par tous les manuscrits hébreux et par les anciennes versions, sauf les Septante. Il est en effet tout entier comme le développement de cette parole des Proverbes : "C’est la bénédiction de l’Éternel qui enrichit, Et il n’y ajoute aucun chagrin. Proverbes 10 / 22"
Dieu donna au roi Salomon l'honneur, la sagesse et la responsabilité de construire le premier temple de Jérusalem.
Le premier sanctuaire que Dieu se donna sur la terre était une tente bien fragile, destinée seulement au peuple d'Israël pendant la traversée du désert qui sépare l'Egypte du pays de la promesse. On l'appela tabernacle, c'est-à-dire la demeure. De même que Moïse recevait toutes les instructions concernant la confection du tabernacle et de son mobilier, Salomon devait suivre exactement les ordres du Seigneur pour bâtir le temple.
Selon les commentaires de la Bible Annotée
D'après O. Falg
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